
Sport : ce que vous ne savez pas (encore) sur vos équipements
Votre casque de vélo a survécu à des dizaines de chutes simulées avant d'arriver sur votre tête. Le ballon avec lequel votre enfant joue au foot rebondit toujours juste comme il faut, quel que soit le fabricant. Rien de tout cela n'est un hasard. Derrière chaque équipement sportif se cache un travail de conception, de test et de validation dont vous ne soupçonnez pas l'ampleur.
Le casque : l’objet qui vous permet de garder la tête froide
Des cimes enneigées aux murs d’escalade, un équipement ne vous quitte jamais : votre casque. Ce casque, c’est un peu une boîte d’œufs qui entoure votre tête et absorbe les chocs avant qu’ils ne vous atteignent. Et chaque boîte d’œufs est soumise à une batterie de tests.
Prenons le casque de vélo. Vous voyez la « jugulaire », cette petite bande réglable qui passe sous votre menton ? Aussi petite soit-elle, c’est grâce à elle que le casque se maintient sur votre tête en cas de choc. C’est pour cela qu’en laboratoire, elle doit résister à de nombreuses simulations de chute sans trop s’étirer ni se désolidariser du casque.
Et parce chaque seconde compte, même la boucle de la jugulaire passe des tests : elle doit pouvoir s’ouvrir d’une seule main après une chute.
Vous skiez sous un grand soleil ou par temps de froid polaire, et l’efficacité de votre casque de ski ne faiblit pas ? Tout s’explique : avant d’arriver sur votre tête, sa résistance a été testée sous très basses températures, de -25°C à +2°C. Il a également remporté haut la main l’épreuve du vieillissement artificiel, exposé, pendant plusieurs jours, à des températures grimpant jusqu’à + 70°C.
Lors de vos balades à cheval, le casque vous protège des chutes et des coups de sabot, avec des renforts situés principalement au sommet et à l’arrière de la tête. Sa coque dure répartit l’impact et sa mousse absorbe son énergie. Résultat : en cas de choc, le poids ressenti ne dépasse pas 200 g. Pour arriver à ce résultat, au moins douze casques d’essai de même classe essuient les plâtres !
Le ballon : un rebond pas si ordinaire qu’il n’y paraît
Que seraient vos matchs de foot sans ballon qui rebondit avant une reprise de volée ? À quoi bon jouer au basket si vous ne pouvez plus dribbler ? Le rebond d’un ballon c’est du sérieux. S’il rebondit trop bas il s’aplatit comme une crêpe. S’il rebondit trop haut, il perd de sa souplesse en retombant au sol.
Alors pour atteindre le rebond « parfait », le ballon passe l'épreuve du « largage ». Il est lâché cinq fois de suite en chute libre sur une dalle en béton. Le béton, c'est l’arbitre idéal : il est rigide, neutre, et universel – on en trouve partout.
Le rebond attendu pour un ballon de foot lors de ce largage ? Entre 1m30 et 1m40. Un bon ballon de basket lui, doit rebondir entre 1,025m et 1,075m. Pour chaque sport, si les cinq rebonds sont réussis l’essai est validé, sinon le ballon est recalé !
: Le saviez-vous ? Si la table de ping-pong installée dans votre jardin ne gondole pas sous la pluie, c’est parce que son plateau a subi huit jours d’épreuve : plongé trois jours dans l'eau, séché vingt-quatre heures, puis replongé deux fois de suite. Un marathon couronné par trois heures d'exposition à une chaleur intense, pour s'assurer qu'il ne se déforme pas même en cas de canicule !
Le sol sous vos pieds : un terrain de jeu bien pensé
Qui dit ballon dit terrain. Sur le terrain justement, chaque parcelle est le fruit d’un travail invisible mais indispensable. Au foot par exemple, la hauteur des brins de gazon que vous foulez est déterminée grâce à un disque d’environ un demi-mètre de diamètre – l’équivalent d’un grand couvercle de casserole – qui pèse à peine plus lourd qu’une tablette de chocolat.
En gros, le disque glisse le long d’une tige graduée posée verticalement sur le gazon et s’arrête là où l’herbe le retient naturellement. Le chiffre indiqué sur la tige, là où s’est arrêté le disque, détermine alors la hauteur du gazon. Ce test est répété au moins huit fois pour les surfaces inférieures à 100 m2, entre huit et 15 fois pour les surfaces comprises entre 100 m2 et 1 000 m2 et jusqu’à 20 fois pour les superficies de 1 000 m2 et plus.
La hauteur d’un gazon, ça ne s’improvise pas comme ça !
Dans un stade d’athlétisme, tout est pensé pour qu’aucun couloir ne soit plus incliné qu’un autre, ce qui donnerait un avantage à certains coureurs en fonction de leur position. Si vous posez un verre d’eau sur la piste, vous verrez que l’inclinaison du liquide dans le verre est quasiment imperceptible : c’est un gage de qualité.
On vérifie aussi l’épaisseur du revêtement de la piste en partant de la ligne d’arrivée et en alternant les couloirs pairs et impairs. L’objectif : vous éviter de courir sur un revêtement trop fin qui, comme une semelle de chaussure usée, n’amortit pas bien les chocs. L’air de rien, la qualité de ces sols change la donne.
: Le saviez-vous ? Pour que Vincent, escrimeur handisport, puisse rouler l'esprit léger, le sol de la piste doit réussir le test de la « roulabilité ». La roulabilité, c’est le fait de faciliter le roulement du fauteuil des athlètes handicapés sans affecter la pratique des sportifs valides. Pour la mesurer, on fait rouler une roue lestée sur la surface du sol. Si elle ne roule ni trop, ni trop peu : c’est validé !
Les protections corporelles : la science vous habille
Ah ce gilet de sauvetage aux couleurs vives qui ne vous quitte pas pendant vos sorties en bateau. Figurez-vous que lui passe le test de la « flottabilité ». Concrètement, un bon gilet, c'est celui qui fait le travail à votre place : il vous retourne sur le dos quand vous êtes dans l’eau, comme un bouchon qui remonte à la surface. Sans effort de votre part. En laboratoire, il n’a pas plus de cinq secondes pour en faire la démonstration. Passé ce délai il est hors-jeu !
Crampons chaussés, vous courez après le ballon de foot. Et là, c’est le drame. Votre adversaire vient de vous donner un coup dans la jambe gauche : blessure au tibia, fin du match. C’est ce qui pourrait vous arriver sans protège-tibias. Il faut dire que derrière sa forme minimaliste se trouve un condensé de techniques devant résister à l’impact d’un crampon métallique de 1 cm de diamètre – en ressenti, c’est l’équivalent de votre pied nu écrasant de plein fouet un Lego.
: Derrière chaque équipement que vous portez, chaussez ou foulez, il y a une norme. Un document que personne ne lit au moment d'acheter ses crampons ou de gonfler son ballon - et pourtant. C'est lui qui a fixé la hauteur du rebond acceptable, l'épaisseur de mousse suffisante, la force d'arrachement minimale d'une jugulaire. Ces règles du jeu sont le fruit d'un travail collectif : des experts de tous horizons qui se sont mis d'accord, parfois pendant des années, sur ce qui est raisonnablement sûr et performant pour vous. Vous voulez savoir comment ces règles naissent, et qui les écrit ?
À chaque équipement sa règle du jeu :
#1 Le casque de vélo – norme EN 1078
#2 Le cas de ski – norme EN 1077
#3 Le casque d’équitation – norme EN 1384
#4 Le rebond d’un ballon/d’une balle – norme EN 12235
#5 La table de ping-pong – norme EN 14468-1
#6 Le terrain de foot – norme EN 12233
#7 La piste d’athlétisme – norme P90-100
#8 Les sols sportifs d’intérieur – norme P90-151
#9 Le gilet de sauvetage – norme EN ISO 12402-1
#10 Les protège-tibias – norme EN 13061
